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J'ai
longtemps cru...
La ou ma vision de la vie a le plus changé
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J'ai longtemps
cru que le bonheur dépendait des événements favorables, et que je devais me
défaire des problemes un a un, jusqu'a enfin etre heureux !...
J'ai appris que le bonheur dépend du choix d'etre heureux
d'abord, a plus forte raison quand les temps sont durs. Et que cet état
d'esprit joue un rôle majeur a nous rendre les événements plus favorables
par la suite.
J'ai longtemps cru
que le fait de choisir ce qui allait composer ma vie était déterminant pour
sa valeur : choisir mon travail, choisir les gens dont je m'entoure ou de quoi
sera faite ma journée...
Pour m'apercevoir peu a peu que la vie est un grand théâtre, ou le choix
des rôles qu'on joue est peut-etre bien secondaire. Que ce qui importe en
fait, c'est d'oser jouer, et de saisir l'occasion de nos rôles pour apprendre
a devenir nous-meme et apprendre a aimer.
J'ai longtemps cru
qu'avec ma conjointe, j'avais a vivre une relation d'adulte, d'homme a femme
matures, libérés du passé.
Pour m'apercevoir que la vie est bien plus souple que ça. Qu'elle nous fait
repasser sans cesse part tous les types de relation : je suis tour a tour
l'amant de ma compagne, son pere et son fils, et je peux lui en offrir
autant. Parce que toutes nos soifs non encore comblées et nos blessures se
nourrissent ou se guérissent au présent, apportant avec nous aujourd'hui les
âges par lesquels nous sommes passés.
J'ai longtemps pensé
qu'on pouvait manquer d'énergie.
Je me suis rendu compte qu'en fait, c'est que l'énergie ne circulait plus : il
y avait un marécage émotif qui la retenait quelque part.
J'ai longtemps pensé
que mes enfants avaient besoin que je corrige a mesure leurs erreurs.
J'en suis arrivé a croire qu'ils avaient surtout besoin que je leur révele leur beauté et leurs forces,
que j'allume leur désir d'etre ce
qu'ils sont de meilleur. Et la ils trouveront la sécurité pour regarder
leurs vérités sans se les cacher et ajusteront alors le tir d'eux-memes, a leur
heure.
Je me suis longtemps
évalué en regardant les buts atteints.
Je mesure maintenant ma fierté de moi-meme au fait d' etre en route par
rapport a mes buts, et de m'y ramener avec courage quand j'ai dérapé.
On m'a souvent laissé
entendre que l'amour pour quelqu'un pouvait s'éteindre.
Mon expérience et mon coeur me disent qu'une fois allumé, mon amour pour
quelqu'un est un feu qui ne s'éteindra jamais. Mais qu'il peut prendre
d'autres formes, et que le pardon est le chemin royal pour le regénérer.
J'ai longtemps cru
que c'était de m'ajuster au regard des autres qui pouvait me rendre le plus
heureux.
Jusqu'a ce que je réalise que c'était plutôt la patiente écoute de ma
voix intérieure et l'audace de la suivre. Elle me pacifie face au regard des
autres, mais aussi elle arrive a le transformer.
On m'a appris a
classer les choses en bien et en mal, puis a séparer les gens entre bons et
mauvais.
Je me sens plus léger depuis que j'admets que je suis fait d'ombre et de
lumiere, un cherche-bonheur dans les chemins qu'il connaît, jusqu'a trouver
mieux. Depuis aussi que je prends intéret a détecter dans une
"crapule" l'enfant qu'on a blessé, qui a peur ou qui tente de faire
justice, avec le pari que le meilleur peut encore en surgir.
J'ai longtemps cru
que la souffrance était le contraire du bonheur.
Je me suis rendu compte que les deux, souvent, voyagent côte a côte. Que
la douleur me connecte a une force intérieure que je ne soupçonnais pas, et
qu'apres coup elle m'a ouvert sur un plus grand bonheur. De la meme façon
je réalise qu'on peut etre longtemps sans plaisir, et pour autant éprouver
de grandes joies.
J'ai longtemps cru
que d'aimer mes enfants, c'était de prendre sur moi ce qui leur arrive.
J'ai appris peu a peu que c'est plutôt de les accompagner de mon mieux,
en leur laissant porter leur expérience. De leur suggérer, meme, qu'ils
l'ont peut-etre choisie plus qu'ils ne le croient et qu'ils peuvent toujours
y changer quelque chose.
J'ai longtemps cru
qu'etre en équilibre, c'était "etre raisonnable" : rechercher le
milieu, éviter les exces.
J'ai réalisé qu'un équilibre vivant était souvent d'associer les extremes
: bien sur, me soucier au quotidien d'etre rythmé, responsable, par exemple
face a mes enfants. Mais par moments me permettre de casser les rythmes, d'etre
fou un bon coup et de rentrer au petit matin. L'adulte et l'enfant en moi réclament
tour a tour leur du.
J'avais appris que
ma sécurité était de contrôler ce qui m'arrive, et de demander a la Vie
d'exaucer mes buts. Je devais surveiller la qualité de la récolte.
J'ai appris que ma sécurité est davantage dans l'abandon, que mon affaire
est de prendre soin de la semence, et de laisser la Vie se charger de la récolte.
Je demande maintenant a la Vie qu'elle réalise Ses buts avec moi, qu'elle amene
mon expérience au meilleur, et que je n'ai pas a savoir d'avance ce qu'il
sera.
J'ai longtemps cru
que je devais m'améliorer et travailler a rendre le monde meilleur.
Ce que Je crois, maintenant, c'est que nous sommes chacun 'meilleur' que
nous le croyons, déja, par nature. Et que nous avons plus a nous découvrir
qu'a nous changer, puis a le révéler a ceux que nous touchons.
On m'a longtemps
laissé croire qu'il y avait un bon chemin vers Dieu, un seul.
Je suis convaincu désormais que Dieu, Lui, en a prévu des milliers. Et comme
un grand puzzle, que c'est seulement lorsque nous aurons mis nos pieces
ensemble, a partir du meilleur de nos héritages religieux respectifs,
qu'apparaîtra Son visage.
Qui me dit que ces
chemins sont les bons ?... J'ai longtemps cru que j'avais besoin d'en avoir
les preuves.
Je choisis aujourd'hui de croire que je ne les aurai sans doute jamais. Que
j'ai plus besoin d'audace que de preuves, et que la paix au dedans me suffit
pour me dire de continuer.
Christophe Élie
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