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Hé ! viens voir...
Redonner
sa chance
a la vie
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Si on était fait pour reculer,
on aurait des yeux derriere la tete.
Pierre Matte
La voiture s'emballe
Si vous conduisez l'auto en pays
froid, vous vous souvenez sans doute de votre premiere expérience sur la glace noire. L'auto
s'était mise a valser, et plus vous donniez des coups de volant, plus elle
zigzaguait hors de
sa trajectoire. Par
bonheur, votre co-pilote plus expérimenté vous a lancé quelque chose comme Mets
ça au neutre ! Alors, la voiture a commencé a se stabiliser. Ouf ! , quel soulagement...
Devenu parent, peut-etre
avez-vous vécu avec votre fiston une expérience du meme genre : le voila qui
triturait
une croute sur son bras écorché deux jours plus tôt. Vous lui avez lancé Veux-tu bien laisser ça se guérir tout seul ! ...
Ou peut-etre avez-vous simplement détourné son attention : Hé,
viens voir ! j'ai un nouveau livre, tu vas
aimer ça... A peine était-il envouté par l'histoire qu'il avait
déja oublié sa blessure au bras.
Nos défis d'adaptation ont
beaucoup a voir avec ces deux situations. A coup de bonne volonté
nous luttons, tantôt pour surmonter une douleur émotive, tantôt pour nous
déprendre de la culpabilité d'avoir commis une erreur, tantôt encore nous n'en dormons pas
a cause d'une tension avec un etre cher, un patron... : bref, nous grattons le bobo.
Non seulement ça avive la douleur, mais ça retarde la guérison, en plus de
nous empecher de profiter du reste qui va bien. C'est dans ces moments-la que
nous envions ceux pour qui ça semble facile : eux n'ont pas a se battre
pour etre heureux...
Comment en arrivons-nous la ?...
Décidément, je me reconnais dans ce
genre de marécage. Il m'a fallu du temps pour comprendre que de m'acharner sur
un probleme n'était pas le meilleur moyen d'en sortir, que ce n'était pas a mesurer la
largeur et la hauteur d'un trou noir que je trouverais la lumiere. J'ai fini
par saisir qu'on donne de l'énergie aux choses dont on s'occupe. Je me suis
souvenu quand j'étais enfant et que je piquais ma crise : il suffisait qu'on
m'ignore, et je n'avais plus d'arme. Vous avez déja été face a face avec un voleur dans
votre maison ? si vous l'avez observé sans manifester de peur ou de défensive,
il y a de bonnes chance pour qu'il ait viré les talons sans vous agresser : il
aura senti que ce n'était pas sa place.
Ah ! si nous avions la sagesse du soleil,
qui renaît chaque matin malgré les tempetes. Ou celle de
la riviere, qui ne s'oblige pas a couler ailleurs que vers la mer... La vie
regarde en avant. Ce que j'ai mieux compris, c'est que nous acharner sur nos problemes
émousse a quelque part notre envie de vivre. Si nous faisons un pas hors du
marécage, si petit soit-il, nous récupérons une sorte d'énergie : nous nous
remettons a croire que le bonheur peut encore etre pour nous -
et du coup nous lui faisons moins obstacle. Était-ce ça, le sens de la petite phrase
évangélique : laissez les morts enterrer
leurs morts ?
Rassembler mes outils
Si les pages de L'ALLUMEUR DE RÉVERBERES
ou de MON TROUSSEAU DE CLEFS vous
sont familieres déja, cette idée de faire du neuf, en présentant a la vie
une main de créateur plutôt qu'un dos de victime, ne vous paraîtra pas nouvelle
dans notre site. En fait, dans les feuillets qui précedent j'ai exploré un
aspect ou l'autre de la croissance, et plusieurs m'ont mené a ce meme
carrefour, que j'appellerais donner sa chance a la vie. J'ai donc cru
intéressant de réunir mes balises qui ont fait leurs preuves et qui convergent
dans cette direction, pour prendre conscience avec plus d'acuité encore de leur
pouvoir de leviers entre mes mains. J'ai aussi cru bon de relever quelques faux amis
qui m'ont souvent égaré en route, afin de mieux les avoir a l'oeil quand je
me mettrai a nouveau a patiner sur une plaque de glace noire émotive.
Je crois beaucoup a certains mots
chargés de sens, a certaines questions coupantes comme un couteau qui, tels
des panneaux de rue, vous indiquent sans bavardage la direction, a l'heure
de choisir. Je me
rappelle par exemple le choc que ça m'a fait quand un formateur m'a regardé
dans les yeux et m'a demandé es-tu
du côté de ceux qui dénoncent ou de ceux qui annoncent ?
J'ai gardé silence un long moment, mon orgueil en a pris un coup, mais dans la
suite certaines de
mes décisions
n'ont plus été les memes. Voici
donc mon petit tableau.
Niveau
|
Mes faux
amis |
Passer du côté de
la vie |
Mon
rapport
au temps |
Ruminer
mes problemes d'hier (me payer le luxe de les vivre deux fois !) |
Me
ramener amicalement a cet instant, a aujourd'hui : demain
s'occupera de demain . Nettoyer la journée d'un merci ou d'un pardon avant
de m'endormir. |
Mes
croyances |
Croire qu'il faut travailler sur un
probleme jusqu'a ce qu'il soit réglé. La
peur (déforme le réel et me paralyse). |
Croire
que la
Vie s'occupe de ma sécurité profonde. La vie est une partie a
laquelle on peut toujours ajouter une manche. Le bonheur, ça se choisit, ça se
pratique. La pensée
crée. On énergise ce qu'on touche. La semence contient sa récolte. L'amour fait
renaître, guérit. Ce qui est
lumineux finira par l'emporter. |
Mon regard |
Réduire
les
gens a leur apparence. Les photographier quand ils ont peur et se
défendent. Les juger. |
Parier que les gens sont meilleurs
qu'ils ne le croient, mais qu'ils s'ignorent. Les regarder dans ce qu'ils peuvent devenir. Un
probleme peut devenir une occasion, et meme un rendez-vous. |
Mes
cibles |
Montrer
a l'autre que j'ai raison, qu'il a tort. Comparer, séparer. |
Dans une souffrance, débusquer le désir
caché, et ce que la vie cherche a me dire. Veiller a la qualité des semences.
Investir dans la recherche du sens. Dépasser les rôles, viser
les relations. Apprécier un arbre a ses fruits. Réunir. |
Mes
clefs |
S'en
préoccuper, réagir (me coupe de mes intuitions, diminue mes
forces). La compétition (me prive de la synergie des différences). Dénoncer
(produit des gains fragiles, me démoralise). |
S'en occuper, agir. Nommer
mes buts et mes priorités des le matin. Tendu,
reconnaître mes combattants. Poser un geste qui remet en mouvement. Mimer la nature. Valoriser
les gens, leurs bons coups. Modifier la fin de mes reves. Visualiser
les résultats heureux. Aborder et nommer les choses par leur côté positif.
Annoncer (affirmer). Faire du neuf. Naviguer sur le Pourquoi-pas? |
Mes
criteres |
Le
regard des autres. Le
rendement quantitatif seul. Avoir gagné sur l'autre. |
Que
ferait l'amour maintenant ? . Qu'est-ce qui dirait le mieux
qui je suis, qui je veux etre ? . Avoir gagné avec
l'autre. Un p'tit bonheur avec ça ?... |
Aujourd'hui, premier jour du reste de ma vie...
Je crois que lorsque nous sommes tenace a remettre notre état d'esprit du côté de la vie,
c'est notre systeme immunitaire profond qui se renforce : la
maladie n'a pas de prise longtemps sur le coeur, et bientôt sur le corps.
Je me sens allégé depuis que j'ai
résolu de m'occuper des semences et
de laisser la Vie se charger des récoltes. J'avoue que les résultats ont
souvent comblé mon attente au-dela de ce que ma tete aurait
pu imaginer - bien sur, il a fallu que je permette au temps
d'agir. Donner sa chance a la vie n'est
pas une partie gagnée une fois pour toutes ! J'ai a le rechoisir, sans cesse,
a me bâtir des réflexes.
Mais, progressivement, il y a plus d'espérance pour refaire ce choix. Quand
je regarde ce qu'a été ma trajectoire de croissance et celle de plusieurs, je
peux témoigner d'une bonne nouvelle : pendant longtemps nous cherchons a nous corriger,
a nous améliorer, a etre quelqu'un, façonné par les attentes et
le regard des autres. En résulte la douleur, qui nous oblige a lâcher
prise, a faire avec qui nous sommes : nous n'avons plus le choix.
Si bien qu'avec le temps, nous nous sommes surpris a préférer etre qui nous
sommes, imparfait, plutôt que de coller a des modeles qui nous ont rassuré
un temps, pour s'avérer etre des culs-de-sac. Nous acceptons finalement
d'etre quelqu'un... d'unique.
Alors a commencé une autre étape, passionnante - au point qu'on ne
veut
pas la garder pour soi seul : la joie de permettre a la Vie de
créer a travers nos mains, lui donner sa chance de refaire de la vie, encore
et encore. Nous ne voyons plus la nécessité d'etre parfait, juste d'etre en
état de oui , comme disait, je crois, Placide Gaboury.
Bon, ne partez pas tout de
suite. Je vous propose de terminer avec un de mes coups de coeur : un extrait de
la chanson Je
t'aime la vie. Il nous plante au vif de notre plus grand
défi : accepter de rester en vie meme quand la vie nous mord et que
nous ne comprenons
pas. Je le redécouvre a chaque fois avec
autant d'émotion, surtout si je l'écoute chanté par Nana Mouskouri :
Tu griffes et tu
mords
Tu gifles et tu ments
Mais je t'aime encore
Je t'aime éperdument (.)
Tu blesses en chantant
Tu condamnes a mort
Tu ris du perdant
Et souris au plus fort
Malgré ta folie
Malgré tes folies
Je t'aime la vie
Et pour la vie
Christophe Élie

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